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Être animateur en situation de handicap ? C’est possible !

C’est la rédaction d’une charte concernant l’accueil d’animateurs en situation de handicap qui est à l’origine de ce collectif. Cette charte, rédigée par les FRANCAS, l’APAJH, HandiSup les CEMEA , et soutenue par la DDCS 44, la CAF 44, la Région, le Conseil Général 44 et la Fondation de France comporte actuellement une dizaine de signataires, et s’apprête à en accueillir quelques dix nouveaux dans les mois à venir. L’ensemble des ces derniers et leurs engagements sont visibles à cette adresse : www.aha-lacharte.org.

A l’origine de cette charte des rencontres et des constats ; il ne se rencontre que peu d’animateurs en situation de handicap, et les quelques uns que nous avons eu l’occasion de croiser font état de différentes difficultés liées à une mauvaise prise en compte de leur handicap. Certaines de ces situations s’échangent en jury BAFA, et nous permettent de repérer certains aspects :

  • les stagiaires en situation de handicap ont été mis en difficulté par une non-prise en compte de leurs handicap.
  • les directeurs qui ont non-validé ces stagiaires ont également été en difficulté. En effet, lorsqu’ils décident d’accueillir ces stagiaires, ils connaissent leur handicap, et sont volontaire. Mais cela ne suffit pas et les difficultés qui se présentent à eux n’ont pas été anticipées, et échangées collectivement.

D’autres témoignages d’animateurs et de directeurs en situation de handicap, mais aussi d’organisateurs, sont accessibles sur le site internet. Nous espérons que l’ensemble des ces témoignages puissent être des bases de réflexions pour les équipes, et les jeunes qui souhaiteraient vivre l’expérience de l’animation volontaire.

Le collectif qui anime actuellement cette charte s’est donné différents objets de travail :

  • Communiquer sur la possibilité que des jeunes en situation de handicap vivent l’expérience de l’animation volontaire.
  • Accompagner les équipes pédagogiques dans la réflexion liée à l’accueil d’animateurs en situation de handicap.
  • Accompagner les jeunes et animateurs en situation de handicap dans leurs parcours, et l’évaluation de leurs compétences et possibilités.
  • Accompagner les organismes intéressés dans la signature et l’application de la charte.
  • Évaluer l’impact et l’avancée des objectifs de la charte.

Prochainement cela se traduira, entre autre, par deux temps forts :

  • le 7 février au Mans, une demi-journée de travail autour de cette charte. Cette journée s’organise en partenariat avec le CG 72, la CAF 72, le pôle ressource Handicap et la DDCS 72. A la suite de cette journée un temps de signatures officielles sera organisé.
  • courant mars à Nantes, une demi journée de travail et un temps de signature. Nous vous communiquerons plus d’information bientôt sur le site internet.

Pourquoi le BAFA ?

Le BAFA, et plus largement l’expérience de l’animation volontaire représente plus qu’une pré-professionnalisation, ou un « job » d’été. Il s’agit bien d’un engagement volontaire. Par engagement nous entendons :

  • une action, qui n’est pas forcément rémunérée, et qui ne s’adresse pas qu’à soi,
  • une action que l’on entreprend au sein d’un collectif. Cela nécessite donc un apprentissage.

Si au début de leurs parcours dans l’animation volontaire, la compréhension de cet engagement peut-être faible, il est du rôle des organisateurs et des mouvements d’Éducation Populaire d’accompagner cette prise de conscience ; prise de conscience des responsabilités occupées, mais aussi du rôle éducatif et des valeurs politiques et éducatives qui y sont liées. En réfléchissant à des pratiques pédagogiques, en argumentant, en expérimentant des modes de prises de décisions, des moyens de dire, et des moyens d’entendre, les animateurs se construisent des positionnements politiques réels.

L’engagement dans l’animation volontaire c’est donc la possibilité de prendre une place dans la cité, de se construire une manière d’y agir, et d’y être reconnue.

Au-delà de cette dimension politique de l’engagement, cette expérience participe aussi à la construction de soi, de sa personnalité. La prise de responsabilité et la reconnaissance entraînée permet également à des jeunes de passer progressivement dans « une sphère adulte ».
Lorsque des jeunes, qui ont validés leurs trois étapes du BAFA, sont interrogés sur ce à quoi cela a servi [1], 55,2 % répondent que cela a été utile comme expérience sociale.

Permettre à des jeunes en situation de handicap de vivre cette expérience c’est donc avant tout permettre une égalité de droit entre tous. Et au-delà, à l’heure où l’on parle beaucoup d’intégration et d’inclusion, permettre à des jeunes en situation de handicap de vivre cette expérience c’est aussi agir pour que chacun, quelques soit ses différences, puisse exister au sein de notre société. Nous entendons exister au sens d’être, et d’être reconnu comme sujet, avec une histoire, et une possibilité d’agir sur ce qui m’entoure.

Aujourd’hui l’action de la charte se centre principalement sur le BAFA pour l’instant mais l’enjeu est l’accessibilité aux volontariats, et ce quelque soit la forme qu’ils prennent (Contrats d’Engagements Éducatifs, Services Civiques Volontaires, Services Volontaires Européens, Services Volontaires Internationaux) et ce qu’il implique à la fois dans la construction de chaque individu mais aussi en terme d’enjeux sociétaux ; de vivre-ensemble, de droit à la différence, d’éducation à l’altérité, à la rencontre...

Pour tout renseignement supplémentaire sur l’action liée à la charte, vous pouvez soit consulter le site internet (www.aha-lacharte.org), soit nous contacter par e-mail : info aha-lacharte.org).

Antoine BELIVEAU
Coordinateur de projet Accueil de personnes en situation de handicap
Membre du comité de suivi de la charte
Accueil Handicap Animation
www.aha-lacharte.org

Notes

[1Étude Cimerss-Ceméa « Le profil et le devenir des stagiaires Bafa »

2 Messages

  • Bonjour,

    Je suis formatrice et j’accompagne un public TH sur une action financée par l’AGEFIPH. Un des stagiaires, grand amateur de football, aimerait faire une formation lui permettant d’être animateur sportif. Il marche mais peut difficilement courir car son pied droit le fait souffrir. Il a un niveau fin de primaire et suis en parallèle "compétences clés" avec assiduité ayant conscience de ses lacunes.
    Si il veut passer son BAFA (ou une autre formation à sa portée), où se situent les établissements pouvant l’accueillir ?
    Existent-ils d’autre cursus qui puissent lui permettre d’élaborer un projet professionnel cohérent ?

    Merci d’avance pour ces informations.

    • Être animateur en situation de handicap ? C’est possible ! Le 23 janvier 2013 à 13:09 , par nina chabroux

      Bonjour, pour plus d’informations voici le site de la charte AHA où vous trouverez certainement quelques réponses à vos questions : http://www.aha-lacharte.org/
      Vous trouverez notamment les signataires de la charte qui s’engagent à accueillir et à adapter leurs formations pour accueillir les personnes avec leurs compétences, leurs attentes et leurs difficultés.
      Pour plus d’informations je vous invite à me contacter par téléphone aux CEMEA Pays de la loire : 02 51 86 02 60 et de demander Mme Chabroux.
      Cordialement

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