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Projet de loi de finance 2015 des politiques jeunesses. De la priorité à l’inquiétude ! Quelle est la prochaine étape ?

Certains sujets reviennent régulièrement dans les édito du CRAJEP. Effectivement au mois de septembre dernier, l’interrogation portait sur les politiques publiques éducation, enfance, jeunesse... des municipalités. Nous partions d’un constat assez simple. Il existe des logiques en terme de continuité des politiques publiques (et fort heureusement), les collectivités à travers le pacte de stabilité doivent réaliser de lourdes économies. Nous sommes donc face à des élus qui mesurent parfois leur faible autonomie sur le mandat à venir (capacité de créer, d’impulser de nouvelles politiques publiques). En soit cela pourrait interroger les fondements de la démocratie locale ; si l’élu lui-même n’arrive pas à avoir un espace d’autonomie politique.

Le projet de Loi de finances 2015 vient d’arriver et l’analyse des dépenses dans le cadre des Missions Sport, Jeunesse et Vie associative et peut être plus particulièrement du programme 163 « Jeunesse et vie associative » a de quoi renforcer notre inquiétude.

La priorité est à la jeunesse ! Nous pouvons nous interroger à savoir si c’est toujours d’actualité. Car le budget 2015 du ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports n’échappe pas à l’effort de redressement des comptes publics. Cela va s’accentuer pour les associations et fédérations de la jeunesse et de l’éducation populaire avec la fragilité financière des collectivités.

Sans entrer dans une analyse globale du projet de Loi de Finance 2015, nous pouvons d’ores et déjà poser quelques constats :
- Le financement alloué aux associations reprend le rythme (lent mais permanent) de la baisse initiée en 2008 par le Gouvernement Sarkozy. Les crédits alloués à nos associations, tant à l’échelon national qu’au niveau déconcentré, avaient en effet subi une saignée de près de 30 % entre 2008 et 2012. Pour l’année 2015 nous allons connaître une baisse de 5,5 % par rapport à 2014, avec une baisse encore plus importante sur le soutien aux actions locales (-8,4%)
- Ces baisses sont d’autant plus importantes que nous vivons un paradoxe avec une amplification des dispositifs gérés directement par l’État. Le choix de l’État est donc de concentrer ses faibles moyens à l’interne : augmentation des financements de l’INJEP, OFAJ, Erasmus+...
- De plus, on peut même repérer un risque de canibalisation du programme jeunesse par le service civique. Effectivement l’ambition annoncée d’atteindre 100 000 jeunes dans un cadre budgétaire décroissant ne peut que nous inquiéter. Ce risque nous le vivons aussi avec certaines collectivités : avec des moyens qui baissent mais des recrutements massifs au sein des services internes.

Nous pouvons nous inquiéter de cette politique paradoxale. En mettant en œuvre la réforme des rythmes éducatifs, le dispositif Emploi d’Avenir.., l’État demande à ce que les associations et fédérations d’Éducation populaire de mettre leur savoir, leur énergie, leur capacité d’innovation au service de ces politiques publiques tout en réduisant les moyens et les soutiens à celle-ci.

Régis Balry
Président CRAJEP

Edito écrit avec les productions et analyses par le CNAJEP disponibles :

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