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Une rentrée pleine d’enjeux pour l’éducation populaire

L’actualité sociale et politique est chargée. Nous repérons d’ores et déjà plusieurs dossiers importants pour les mois à venir. Il est difficile de tous les traiter, mais cet édito tente de pointer peut-être les plus importants : l’emploi des jeunes, la transversalité de l’éducation populaire dans les politiques publiques et les prochaines élections municipales.

1 L’emploi des jeunes

L’enjeu est fondamental et les chiffres parlent d’eux mêmes. Le taux de chômage des jeunes de 15 à 24 ans est de 24 % soit près de trois fois plus que les 25 – 64 ans. La situation est d’autant plus préoccupante que les jeunes sont faiblement, voire pas du tout, indemnisés par l’UNEDIC, faute de remplir les conditions de cotisations préalables pour y avoir droit. Les moins de 25 ans n’ont pas le droit à l’accès au RSA...Les conséquences sont connues : marginalisation, hébergement et prise en charge tardive par les parents, emplois précaires, accès à l’autonomie partiel et retardé... Dans ce contexte il est évident que la réussite d’une politique d’emplois pour les jeunes nous concernent tous et toutes directement.

Pendant la phase de négociation avant l’adoption du projet de loi sur les Emplois d’Avenir, nous étions intervenus sur plusieurs domaines dans une perspective d’amélioration du texte de loi :

  • Le public : pourquoi limiter la mesure aux moins de 25 ans, alors que dans le même temps les processus de socialisation et d’autonomie des jeunes tendent à s’allonger bien au-delà de cet âge ? En outre, le choix de se centrer sur les jeunes les plus en difficulté, s’il vise à répondre à la dégradation préoccupante de la situation de cette frange de la jeunesse, n’est pas sans soulever un certain nombre de difficultés : d’une part, il renvoie un message négatif aux jeunes qui disposent de qualifications mais qui demeurent pour autant exclus du marché du travail ; d’autre part, le profil retenu ne tient pas compte des besoins des associations et des compétences nécessaires à la mise en œuvre de leur projet.
  • Les missions : les emplois d’avenir doivent être pensés comme un tremplin, et non comme une parenthèse dans le parcours chaotique des jeunes vers la stabilisation dans l’emploi. Il importe par conséquent de réunir les conditions pour des emplois de qualité, de s’assurer de la pérennité et de la solvabilité des activités qui seront confiées aux jeunes, et donc d’identifier dès à présent des gisements d’emplois répondant à une demande durable.
  • L’accompagnement : le succès des emplois d’avenir tiendra dans la mise en place de démarches d’accompagnement adaptées. Accompagnement global du jeune (accueil, formation, qualification, suivi), afin que cette expérience soit utile et bénéfique à la construction de son projet de vie. Mais aussi accompagnement des structures employeuses (notamment les têtes de réseau associatives), afin de créer les conditions d’un suivi et d’un encadrement de qualité.

Malgré ces critiques et dans l’attente d’améliorations toujours possibles, les associations et fédérations d’éducation populaire sont actives sur la mise en place des Emplois d’Avenir.
Plusieurs associations, fédérations membres du CNAJEP et du CRAJEP ont déjà signé (février 2013) des accords avec l’État dans le cadre des Emplois d’Avenir : la Ligue de l’Enseignement : 1 000 (dont 300 UFOLEP) ; la Fédération Nationale Familles Rurales : 350 ; l’AFEV - l’Association de la Fondation Étudiante pour la Ville : 100 ; la Fédération Léo Lagrange : 150.

Au niveau régional des réunions sont en cours entre le CRAJEP et l’État (DRJSCS) afin d’analyser les points forts et les faiblesses actuels dans la mise en œuvre des Emplois d’Avenir. Ces rencontres débouchent sur plusieurs questionnements :

  • la circulations de l’information et la réactivité des prescripteurs,
  • l’impact de la réforme des rythmes scolaires dans le développement des Emplois d’Avenir,
  • la sécurisation des parcours et des emplois,
  • les niveau de recrutement, niveau de responsabilité et niveau de formation (BAFA/BAFD , CQP, BPJEPS...).
    Ces échanges vont se poursuivre lors de cette rentrée et nous pouvons espérer qu’ils puissent aboutir à des accords qui permettent d’améliorer la politique de l’emploi des jeunes.

2 Pour une politique ambitieuse et transversale d’Éducation populaire

Si l’éducation populaire s’inscrit dans une longue histoire et dans un riche héritage, sa force et son intérêt tiennent d’abord dans sa capacité à répondre aux enjeux de son temps. Aujourd’hui comme hier, l’éducation populaire, face aux mutations de la société, construit des alternatives éducatives, culturelles, sociales, économiques et citoyennes.
Fort de cette conviction, nous devons travailler autour de plusieurs objectifs :

  • Expliciter le rôle et la place de l’éducation populaire dans la société.
  • Renforcer la visibilité et la lisibilité de l’éducation populaire, de ses initiatives et de ses pratiques.
  • Contribuer à l’émergence d’une politique publique d’éducation populaire.

« Porteuses de mobilisation citoyenne et d’intérêt général, les associations de jeunesse et d’éducation populaire réunies au sein du CRAJEP conduisent dans chacun de ces domaines des actions auprès des enfants, des jeunes et des adultes. Elles revendiquent une place instituée dans les processus et instances du dialogue civil permettant aux citoyens organisés de pouvoir contribuer à la construction des politiques publiques transversales. » (extrait du programme du CRAJEP – 2013)

Cela doit entre autres se traduire concrètement au sein du Comité Interministériel de la Jeunesse, au sein des CESER (Conseil Économique Social Environnemental Régional)... :

Par une plus grande prise en compte du positionnement et du rôle des associations et fédérations d’éducation populaire au sein du Comité Interministériel de la Jeunesse et des politiques publiques qui vont en découler. Pour le CNAJEP et les CRAJEP, il est important à présent de situer plus explicitement le rôle et l’apport de l’éducation populaire dans le plan présenté par le Gouvernement. « Les associations de jeunesse et d’éducation populaire mobilisent et concernent des centaines de milliers de jeunes, et agissent avec et pour eux dans une grande diversité de domaines d’intervention (éducation, formation, insertion, logement, santé, accompagnement social, culture, loisirs, citoyenneté, mobilité, etc.) qui figurent dans la feuille de route issue du Comité Interministériel de la Jeunesse. »

Nous saluons la circulaire interministériel du 27 Juin 2013 où il est signalé la volonté de « renforcer la représentation des jeunes dans l’espace public » avec le souhait de rajeunir la composition du CESER et d’avoir plus de représentants des organisations de jeunesse. La circulaire d’ailleurs parle d’une « attribution de 5 voire 6 sièges minimums aux organisations de jeunes ou aux mouvements et associations représentant la jeunesse. »
Le CRAJEP s’est donc organisé en fonction au cours des mois de Juillet et Août pour présenter un groupe hétérogène (rural/urbain ; laïque/confessionnel...) Nous espérons que la rentrée verra la mise en œuvre et l’application concrète des intentions exprimées au sein de cette circulaire. L’enjeu ne se situe pas seulement sur un nombre de sièges mais bien sur notre volonté de contribuer à l’élaboration de politiques publiques. « Le CESER produit des diagnostics, des analyses prospectives, des préconisations. Le CESER a donc le pouvoir de réfléchir et de dire. Il convient donc que le CRAJEP puisse intervenir dans cette réflexion... » (extrait du Programme 2013 du CRAJEP)

3 Les élections municipales

Les élections municipales de 2104 représentent une occasion importante de traiter de questions et d’enjeux qui nous sont chers :

  • La place et le rôle des associations dans la démocratie locale
  • La reconnaissance des associations comme des « corps intermédiaires » indispensables au bon fonctionnement de notre société (comme moyen d’approfondissement démocratique, facteurs d’amélioration du lien social...)
  • La clarification des formes de partenariat et de contractualisation entre les associations et les collectivités
  • l’Identification d’une ou de compétences jeunesses. Cet enjeu est fondamental avec derrière la place et le rôle des agglomérations, des intercommunalités...
  • La place de la collectivité (sa responsabilité et ses fonctions) dans la réussite éducative. Effectivement l’appel de Bobigny de 2010 (signé par plusieurs membres du CRAJEP et plusieurs collectivités) signalaient déjà que la réussite éducative ne pouvait s’appuyer seulement sur l’école et la famille : « Parents, jeunes, enseignants, universitaires, associations complémentaires de l’enseignement public et d’éducation populaire, professionnels des collectivités locales, élus locaux, professionnels de la petite enfance et responsables syndicaux, nous appelons à la mobilisation de tous autour de l’éducation et de la formation, dès la petite enfance et tout au long de la vie. »

Nous devons donc intervenir, avec la CPCA (Conférence Permanente des Coordinations Associatives) pour avancer ces questions et soutenir l’intervention de l’ensemble de nos membres sur l’ensemble des communes où nous sommes présents.

Régis BALRY – Président du CRAJEP.

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