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La Mobilité un frein, un rempart contre toutes les formes de racisme, de xénophobie....

Être capable de mobilité, d’ouverture aux autres, aux autres cultures, se confronter à la différence, la mesurer, la comprendre… Cela fait partie de l’intelligence nécessaire pour être acteur à part entière, pour être citoyen au local, en Europe et dans le monde. Nous entendons par là une capacité, une intelligence à se décentrer et ne pas penser que son mode de vie, de pensées est unique et universel.

Dans ces perspectives, nos associations d’éducation populaire développent un travail autour de la mobilité en agissant, avec les acteurs locaux, les institutions, les réseaux, les plates-formes.

Nous souhaitons agir pour une mobilité qui permette de consolider, d’avancer sur nos valeurs d’ouverture et donc permettre une réelle rencontre. Nous comprenons la mobilité comme un levier intéressant d’apprentissage interculturel : la rencontre de l’autre, comprendre comment chacun vit son histoire, avoir des temps d’agir ensemble, construire des projets ensemble, vivre une aventure humaine singulière avec toutes les difficultés que l’on imagine pour accroître les prises de conscience de l’importance de l’altérité, du « vivre ensemble », de la lutte contre le racisme, de la qualité d’un citoyen responsable envers son environnement.

Il est nécessaire de faire un distinguo entre mobilité spatiale et mobilité psychologique. La mobilité à l’échelle locale, entre centre et périphérie - le détour par l’international conjuguées aux pratiques et à la médiation culturelle peuvent être vecteurs particulièrement efficaces de désenclavement territorial.

Nous avons la tâche en tant que formateur/trice, animateur/trice, éducateur/trice d’accompagner par le biais d’une démarche pédagogique adaptée, le processus de mobilité psychologique. Le travail d’accompagnement à une mobilité internationale, nationale et régionale « réfléchie et consciente » peut être un moyen efficace pour reconstruire du lien (au niveau local) avec tous les publics et tous les jeunes. Nous voulons construire des mobilités conscientes, voulues, éducatives et pas seulement la mobilité subie (qu’elle soit légale ou illégale) liée aux tensions du marché, d’une logique économique mondiale....

Mobilité et identité.

L’identité fait débat. Le dernier débat en France sur l’identité nationale l’a démontré. Mais ce qui fait d’ébat ce n’est pas l’identité en soit, mais son usage, son instrumentalisation à des fins politiques. Nous sommes tous et toutes confronté-es à des ambivalences concernant cette question de l’identité. Nous avons besoin d’appartenir à une culture, à des groupes... L’identité peut prendre de multiples formes : identité culturelle, nationale, religieuse, sociale (identité de classe), de genre....

Peut on aller vers l’autre et vivre la rencontre de façon riche sans prendre appui sur une identité structurée ? Et du point de vue éducatif et pédagogique un des intérêts se situe là : pour aller à la rencontre de l’autre, à la rencontre de son identité je suis obligé de réfléchir à la mienne : quelles sont mes identités, comment ses sont-elles construites... ? Ce mouvement psychologique peut se construire au local et c’est bien pour cette raison que nous parlons d’interculturel avant de parler d’international. L’international est un facteur d’amplification d’une mobilité interculturelle qui peut exister au local.

Une mobilité qui doit s’inscrire dans des politiques locales...

Pour nous, dans les perspectives éducatives qui sont les nôtres, les projets de mobilité des jeunes prennent d’autant plus de sens qu’ils s’inscrivent dans des stratégies de développement d’un territoire, prenant ainsi une dimension collective, sociale et politique. La mobilité individuelle a tout son sens, elle prend une ampleur quand elle est réfléchie, anticipée en s’appuyant du collectif : mobilité collective, avec un avant et un après, en s’appuyant sur les politiques locales de coopérations. Un ancrage territorial garantit en effet une mutualisation des expériences, une plus grande durabilité, un élargissement des contenus et des perspectives, une articulation avec les préoccupations de la population.... Le projet mis en œuvre en Palestine par les CEMEA Pays de la Loire et la FAL 44 va dans ce sens. Sur le projet de 10 services civiques sont sur ce projet en lien avec les Villes de St Nazaire, Rezé, St Herblain, Bouguenais et Nantes.

Une mobilité : un droit

La mobilité est reconnue comme un moyen essentiel de formation dans le cadre du processus de Lisbonne. Il existe de multiples freins à la mobilité : culturel, information, financier... L’étude du CRAJEP avec France Volontaire aura entre autre cet éléments à déterminer. Mais l’objectif de ce projet n’est pas d’être seulement dans l’étude et donc la récolte de données objectives. L’étude est un outil collectif (avec près de 10 collectivités associées à ce jour, plusieurs dizaines d’associations...) pour construire des leviers en terme de politiques publiques : comment agir sur les freins culturels, informatifs, financiers ? Le forum mondial des droits de l’homme sera donc une première occasion de commencer à traduire ces réflexions avec un objectif de retranscription globale au cours des semaines de solidarité internationale (Novembre 2013)

Régis Balry

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